Forte de l’intérieur vers l’extérieur : Frida Gylner parle d’état d’esprit, d’entraînement et de nutrition
Frida Gylner travaille dans le domaine du coaching santé, avec une expertise en santé métabolique, modes de vie pauvres en glucides, alimentation cétogène, nutrition anti-inflammatoire, changement de comportement et adoption d’habitudes durables.
En 2018, Frida est passée du statut de jeune femme de 27 ans en bonne santé à celui de patiente diagnostiquée avec une grave tumeur cérébrale, qui l’a paralysée d’un côté du corps du jour au lendemain.
Découvrez son parcours inspirant, l’importance de l’entraînement, de la nutrition et de la santé, la force mentale et physique, ainsi que la manière de mettre en place de bonnes habitudes qui perdurent sur le long terme.
Informations sur Frida Gylner
Nom : Frida Gylner
Âge : 34 ans
Lieu de résidence : Bromma, Stockholm
Profession : Consultante et coach en organisation chez ID-Entity by Jurek. Elle possède également sa propre activité en tant que coach santé, conférencière et accompagnatrice dans des domaines tels que la santé métabolique, le mode de vie pauvre en glucides, l’alimentation cétogène, l’alimentation anti-inflammatoire, le changement de comportement et les habitudes durables.
Parcours : En 2018, Frida est passée du statut de jeune femme de 27 ans en bonne santé à celui de patiente diagnostiquée avec une grave tumeur cérébrale. Du jour au lendemain, elle s’est retrouvée paralysée d’un côté du corps.
Aujourd’hui : Frida a reconstruit sa condition physique, couru un semi-marathon et accompli l’« En Svensk Klassiker », l’un des défis d’endurance les plus emblématiques de Suède, qui comprend le ski, le cyclisme, la natation et la course à pied. Elle aide désormais d’autres personnes à trouver des moyens durables d’améliorer leur santé.
Actualité : Frida nous a rendu visite au siège de Björn Borg pour donner une conférence sur la santé physique, le stress, l’état d’esprit et la performance durable.
Au cours de cette conférence, les participants ont également réalisé une analyse du profil d’ambition afin d’identifier leurs schémas de stress, leurs sources de motivation et les moyens d’améliorer leur récupération.
De la simple survie à une vie pleine de couleurs
Lorsque Frida Gylner repense à sa vie avant 2018 et la compare à la personne qu’elle est aujourd’hui, elle parle d’un avant et d’un après très marqués. Avant son diagnostic, elle considérait sa santé comme allant de soi. Aujourd’hui, elle aborde son corps, la vie et les personnes qui l’entourent avec une tout autre humilité.
C’est une histoire de maladie et de peur, mais aussi de force, de curiosité et d’une nouvelle relation avec son propre corps. Frida explique que, depuis le diagnostic, la vie est devenue à la fois plus fragile et plus intense.
"Avant, je n'existais pas et la vie était en noir et blanc. Maintenant, je vis et la vie est en couleur."
- Frida Gylner
Quand vous regardez la Frida d’avant 2018 et celle d’aujourd’hui, quelle est, selon vous, la plus grande différence ?
— La plus grande différence est probablement que je suis devenue infiniment plus humble. Humble face à la vie, au simple fait d’exister et de se réveiller chaque matin, mais aussi envers les autres.
Je suis devenue une personne plus tolérante et plus compréhensive de manière générale.
Un changement s’opère en vous, si profond qu’il est presque impossible à expliquer. J’ai vraiment essayé de le mettre en mots, mais c’est avant tout un ressenti.
Je ne suis plus la même personne, et j’ai presque oublié ce qu’est une vie « normale » par rapport à celle que je mène aujourd’hui.
Il y a véritablement un avant et un après. Avant, j’existais simplement et la vie était en noir et blanc. Aujourd’hui, je vis, et la vie est en couleurs.
Bien sûr, recevoir un diagnostic de cancer est une histoire douloureuse, mais d’une certaine manière, cela peut aussi vous faire comprendre ce qu’est réellement cette chose que l’on appelle la vie.
La mort est constamment présente. C’est comme une menace, comme une bombe à retardement, même si l’on ne sait ni quand ni même si elle explosera.
C’est comme un programme qui tourne en permanence à l’arrière-plan de mon esprit. Au premier plan, une vie ordinaire suit son cours, et j’ai le privilège d’être pleine d’énergie, alerte et forte, aussi bien physiquement que mentalement.
Mais en arrière-plan subsistent des questions existentielles, de l’inquiétude et une forme de souffrance chronique. Ce n’est pas quelque chose de constamment actif, mais c’est là.
Que se passe-t-il lorsqu’on cesse de considérer son corps comme acquis ?
Après la paralysie, Frida a dû réapprendre des gestes que la plupart d’entre nous accomplissent sans même y penser : marcher, manger, trouver l’énergie nécessaire pour simplement déplacer son regard.
Ce chemin de retour lui a donné un nouveau respect pour son corps, mais aussi une nouvelle compréhension : le corps n’est pas l’ennemi.
Alors que beaucoup parlaient de mener une guerre contre la maladie, Frida a commencé à voir son corps comme quelque chose qui la portait, malgré tout.
"Mon corps n’est pas contre moi. Il est avec moi."
- Frida
Vous êtes passée de vos premiers pas après la paralysie à un semi-marathon, puis à l’exploit de compléter l’En Svensk Klassiker. Qu’est-ce que ce parcours vous a appris sur le corps ?
— La première chose, c’est de ne jamais considérer son corps comme acquis. C’était un peu comme renaître, mais en étant adulte. Mon cerveau était toujours là, mais j’ai dû réapprendre à marcher, à manger et simplement à habiter mon corps.
J’étais tellement épuisée mentalement que les gens devaient parfois me dire : « Frida, tu es encore en train de fixer dans le vide. Reprends ta concentration. » Je devais alors déplacer mon regard de manière consciente.
J’ai développé un immense respect pour mon corps. On entend souvent dire qu’il faut partir en guerre ou se battre contre la maladie. Moi, je me suis plutôt dit : quel corps extraordinaire, capable d’être là et de me porter malgré tout.
Bien sûr, mon système immunitaire fait quelque chose qui ne fonctionne pas correctement, et c’est pour cela que j’ai cette tumeur. Mais mon corps n’est pas contre moi. Il est avec moi, et il me l’a prouvé à plusieurs reprises.
D’abord, j’ai pris conscience que j’avais un corps. Ensuite, j’ai fait la paix avec lui. Aujourd’hui, je l’encourage.
Je l’écoute, je le respecte et il m’arrive même de lui parler.
Je le vois un peu comme une machine qui a besoin de fonctionner correctement. Alors j’essaie de l’entretenir, d’en prendre soin et de le soutenir du mieux que je peux.
La force physique comme force mentale
Pour Frida, l’entraînement est devenu bien plus qu’un moyen de reconstruire son corps. Il est aussi devenu une manière de se reconstruire mentalement.
Lorsqu’elle se sent forte physiquement, elle se sent également plus en sécurité, plus courageuse et davantage capable de faire face à ce que la vie lui réserve.
L’entraînement est une voie directe vers la force mentale.
-"Me sentir forte dans mon corps est directement lié au fait de me sentir forte mentalement."
Vous avez dit que la force physique nourrit la force mentale. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour vous ?
— Je ne m’en rendais absolument pas compte avant, parce que je ne faisais pas vraiment de sport et que je ne mangeais pas particulièrement sainement.
Je considérais tout ce qui touche à la santé comme acquis. Mais lorsque vous perdez tout ce que la santé représente, vous réalisez, d’une certaine manière, de quoi le corps et l’esprit sont réellement capables.
J’ai perdu tous mes repères et je me suis dit : « Je vais mourir, alors il faut que je découvre ce dont je suis vraiment capable. » C’était une sorte d’instinct de survie. Me sentir forte dans mon corps est directement lié au fait de me sentir forte mentalement.
Si je ne m’entraîne pas et que j’ai l’impression de m’effondrer un peu, ou de ne pas prendre soin de moi, je sombre très vite dans un creux mental.
Je deviens plus craintive. Je me sens faible, mon corps me paraît faible, et je peux avoir l’impression d’être entièrement absorbée par la maladie. Mais lorsque je maintiens ma force physique, j’ai le sentiment de pouvoir déplacer des montagnes, quoi qu’il arrive.
Lorsque les choses étaient au plus difficile, les médecins ont essayé de me prescrire des antidépresseurs. Mais la seule chose qui ait réellement fonctionné pour moi, c’était l’entraînement.
Quand j’ai commencé à m’entraîner intensément et à soulever lourd, cela a été plus efficace que tous les médicaments qu’on m’avait proposés.
L’entraînement est comme une pilule de bonheur qui agit directement sur les ressources mentales et l’état d’esprit.
État d’esprit, motivation et persévérance dans les moments difficiles
Frida revient souvent à l’idée que la motivation est éphémère. Elle peut nous aider à démarrer, mais elle ne suffit pas toujours à nous faire continuer.
Pour créer un véritable changement, il faut des structures de soutien, réduire les obstacles et développer un intérêt pour le processus lui-même.
Il ne s’agit pas d’être constamment inspiré. Il s’agit de rendre les choses suffisamment simples pour continuer, même lorsque l’inspiration n’est plus au rendez-vous.
Selon vous, quelle est la chose la plus importante à comprendre concernant le lien entre le corps et l’esprit ?
— Nous traversons la vie en portant notre corps sans même penser à sa présence. Lui accorder de l’attention, être curieux à son égard et découvrir de quoi il est capable est incroyablement important.
Si vous ne faites pas de sport et que vous commencez à vous entraîner un peu, que ce soit en courant tranquillement ou en soulevant quelque chose de lourd, vous remarquerez très vite qu’il se passe quelque chose.
Personne ne regrette une séance d’entraînement. C’est parce qu’il se produit tellement de choses dans le cerveau et dans le corps, sur le plan biochimique, que nous ne les comprenons peut-être même pas encore totalement.
Nous devons utiliser notre corps pour tirer le meilleur parti de notre esprit. Les deux sont complètement interdépendants.
Que faites-vous lorsque la motivation n’est pas au rendez-vous, mais que vous souhaitez malgré tout rester fidèle à vos habitudes ?
- La motivation est éphémère. C’est comme un cocktail chimique de différentes substances dans le cerveau.
Moi aussi, je peux être extrêmement motivée, mais je n’ai pas toujours eu les structures de soutien qui me permettaient de rester fidèle à mon plan. J’ai dû les construire moi-même.
Par-dessus tout, j’ai appris que c’est le processus qui doit m’intéresser. Tenir bon et persévérer. Cela peut sembler être un cliché un peu usé, mais ce sont les petites habitudes répétées avec constance au fil du temps qui produisent de véritables résultats durables.
Lorsque vous connaissez votre objectif, découpez-le en étapes. Et pas seulement en deux, mais davantage encore. Ne vous fixez pas comme objectif de courir trois kilomètres.
Fixez-vous simplement l’objectif de sortir marcher, puis peut-être d’essayer de courir une minute pendant cette promenade.
Lorsque le seuil d’effort est si bas qu’il devient presque impossible de dire non ou d’échouer, vous sortez et vous essayez. Tout ce qui vient au-delà devient alors un bonus.
Cela peut aussi être aussi simple que d’aller à la salle de sport avec pour seul objectif de badger votre carte à l’entrée.
Une fois sur place, votre cerveau pourrait vous dire : « Je pourrais simplement aller toucher le tapis de course. » Puis peut-être que vous marcherez dix minutes, et ensuite vous vous sentirez bien d’avoir fait ce pas.
Entourez-vous également de personnes et d’environnements où l’habitude que vous souhaitez intégrer à votre vie existe déjà.
Si vous voulez commencer à lire davantage, rejoignez un club de lecture. Si vous voulez chanter, inscrivez-vous dans une chorale. Si vous voulez vous entraîner plus régulièrement, rapprochez-vous de personnes qui le font déjà.
Osez suivre des personnes qui vous inspirent.
"Lorsque vous abaissez le seuil d’effort à un point où il devient presque impossible de dire non ou d’échouer, vous finissez par vous lancer et essayer."
- Frida
Stress, inquiétude et stratégies mentales
Lorsque Frida est confrontée au stress ou à l’inquiétude, elle travaille beaucoup sur sa capacité à distinguer ses pensées de la réalité.
Elle essaie de laisser exister ses émotions plutôt que de les repousser. La respiration, l’entraînement, le silence et les actions concrètes deviennent alors des moyens de briser les schémas de pensée et de revenir au corps.
L’un de ses outils les plus concrets est d’ailleurs étonnamment simple : faire la vaisselle à la main.
Quelles stratégies mentales utilisez-vous lorsque vous faites face au stress, à l’inquiétude ou à la résistance intérieure ?
— J’essaie de prendre de la distance par rapport à mes pensées. Dans ma situation, il est facile de sombrer dans des scénarios catastrophes. Alors je me rappelle que ce ne sont que des pensées.
Les pensées ne sont pas la vérité. Ce sont simplement des pensées, et cette pensée provoque une sensation désagréable dans mon corps. Et c’est parfaitement acceptable.
Plus vous résistez à une pensée et plus vous essayez de la repousser, plus le cerveau s’y intéresse.
Bien sûr, je n’y parviens pas toujours. Parfois, cela se traduit par des pleurs, par le fait de frapper dans un coussin ou d’aller boxer à la salle de sport pendant que les larmes coulent. C’est aussi une stratégie : laisser les émotions s’exprimer.
D’autres techniques qui m’aident à réduire le stress :
La respiration profonde. Je peux me concentrer sur ma respiration et compter jusqu’à vingt-et-une inspirations et expirations. Si je perds le fil à dix-huit, je recommence depuis le début.
Les retraites silencieuses. J’ai participé à plusieurs retraites axées sur le bouddhisme. J’y ai appris de nombreuses méthodes liées à la méditation et à la pleine conscience.
Interrompre le schéma mental en faisant autre chose. Je vois un peu le cerveau comme un ordinateur. Lorsqu’il est entièrement occupé par l’anxiété ou l’inquiétude, j’essaie d’interrompre ce processus en réalisant une action concrète.
Mon psychologue m’a dit un jour : « Faire la vaisselle à la main est excellent pour toi, Frida. »
Quand vous faites la vaisselle, vous sentez l’odeur du liquide vaisselle, l’eau chaude ou froide sur vos mains, vous écoutez le bruit du robinet et celui de la vaisselle qui s’entrechoque. Plusieurs sens sont mobilisés en même temps.
Lorsque vous accomplissez une tâche avec attention et présence, elle peut devenir étonnamment intéressante.
Pour moi, l’essentiel est de ramener la conscience au premier plan lorsque je vais mal et de constater : « Voilà ce qui se passe en ce moment. » Briser le schéma, faire autre chose, revenir au présent.
L’entraînement comme refuge et comme acte de foi en l’avenir
Lorsque Frida a commencé à courir avant son opération, sa relation à l’entraînement a complètement changé.
Elle avait toujours su que l’activité physique était bénéfique, mais lorsque le mouvement s’est retrouvé lié à sa survie, elle en a compris la puissance à un tout autre niveau.
L’entraînement est également devenu un moyen de transformer l’image qu’elle avait d’elle-même. Ce qu’elle croyait auparavant impossible s’est révélé possible.
Vous avez commencé à courir avant l’opération après que votre médecin a insisté sur l’importance de bouger. Comment cela a-t-il changé votre vision de l’entraînement et que représente-t-il pour vous aujourd’hui ?
— Cela a tout changé. J’avais toujours compris que l’entraînement était bénéfique, mais pas au niveau où je le comprends aujourd’hui.
Surtout, cela a changé l’image que j’avais de moi-même. Je me répétais que je n’en étais pas capable.
J’avais même eu des discussions avec mon compagnon de l’époque en lui disant : « Ce n’est pas possible » ou « Tu ne comprends pas, j’ai mal aux poumons. » Ces blocages mentaux étaient devenus des vérités à mes yeux.
Puis, soudainement, je me suis retrouvée forcée d’agir, en train de lutter pour ma survie, et cela s’est incroyablement bien passé.
J’ai couru ces cinq kilomètres en vingt-six minutes la toute première fois que je tentais de courir cinq kilomètres. Je n’aurais jamais cru cela possible. À partir de ce moment-là, j’ai compris que, bien sûr, c’était possible.
Aujourd’hui, l’entraînement représente tout pour moi.
Il y a des personnes qui s’entraînent bien plus que moi, mais pour moi, c’est avant tout un refuge. C’est mon petit espace à moi, un lieu où je peux retrouver des forces, me reconstruire et nourrir l’espoir ainsi que la confiance en moi, en mon corps et en l’avenir.
J’aime aussi les environnements où les gens s’entraînent. Les salles de sport, les gymnases et tous les lieux où les personnes prennent soin d’elles-mêmes, utilisent leur corps, se dépassent un peu, croient en elles, repoussent leurs limites et avancent.
Quel type d’entraînement préférez-vous ?
— La course à pied, la musculation et un peu de boxe. Je pratiquais davantage la boxe il y a quelques mois, mais je compte bien m’y remettre.
Quel est votre meilleur conseil pour quelqu’un qui souhaite recommencer à s’entraîner après une période de stress, de maladie ou de manque d’énergie ?
— Abaissez le seuil d’entrée au point qu’il devienne impossible d’échouer. J’aime beaucoup le livre Atomic Habits de James Clear. Il m’a énormément aidée.
L’idée est de trouver le bouton de démarrage et de rendre les choses simples. Si vous voulez commencer à lire davantage, votre objectif peut être de lire une seule page chaque matin, en l’associant à une habitude que vous avez déjà.
Il en va de même pour l’entraînement. Rendez-le si simple qu’il ne suscite aucune résistance. Dès que la résistance devient trop forte, il y a un risque que nous abandonnions.
J’aime aussi définir une intention pour la journée. Qui ai-je envie d’être aujourd’hui ?
Il s’agit de voir les possibilités plutôt que les obstacles. Même lorsqu’une situation est difficile, vous pouvez essayer d’en percevoir le potentiel. Cela vaut pour l’entraînement, le travail et la vie en général.
Il existe tellement de perspectives et de méthodes à explorer pour rendre la vie riche, passionnante et pleine de sens. Entourez-vous de personnes et d’idées qui vous inspirent.
Objectifs d’entraînement
Les objectifs sportifs
Les objectifs d’entraînement de Frida ont évolué au fil du temps. Autrefois, il s’agissait en grande partie de prouver que son corps fonctionnait.
Aujourd’hui, sa relation à son corps est plus apaisée, même si elle reste attirée par l’idée de repousser ses limites et d’explorer ce dont elle est capable.
Quels sont vos objectifs sportifs aujourd’hui ?
— C’est une très bonne question, et cela me dérange un peu de ne pas avoir d’objectif clairement défini en ce moment. Il y a comme un vide.
Le cadre dans lequel je vivais auparavant s’est effondré lorsque je suis tombée malade, et beaucoup de choses que je ressentais le besoin de prouver ont changé.
Je réfléchis à l’idée de participer à un triathlon, mais je ne suis plus aussi obsédée par le besoin de démontrer que mon corps fonctionne. Aujourd’hui, j’ai plutôt le sentiment que mon corps est avec moi.
Cela dit, j’aimerais courir dix kilomètres plus rapidement. J’aime explorer jusqu’où je peux me pousser. Combien de temps puis-je rester dans l’inconfort ? Combien de temps puis-je faire preuve de résilience et tenir bon ?
Cette capacité se transpose aussi dans d’autres domaines de la vie. Elle devient un état d’esprit.
Nutrition – Donner au corps le bon carburant
Pour Frida, la nutrition n’est pas une question de calories ou de performance. Il s’agit avant tout d’apporter du carburant, de l’énergie et de donner au corps les meilleures conditions possibles pour fonctionner.
Elle décrit l’alimentation anti-inflammatoire comme quelque chose de fondamentalement simple : des aliments bruts, peu transformés, composés d’un minimum d’ingrédients, avec un accent mis sur ce que le corps peut réellement utiliser.
Comment expliquez-vous l’alimentation anti-inflammatoire ?
— J’essaie généralement de l’expliquer de la manière la plus simple possible. Il s’agit d’aliments qui, idéalement, ne contiennent qu’un seul ingrédient, si l’on veut être assez strict.
Des aliments bruts comme la viande, le poisson, la volaille, les œufs, les légumes, les noix, l’huile d’olive et les oméga-3.
En tant que coach santé, je ne parle pas de calories. Pour moi, la nourriture est avant tout un carburant pour le corps.
Je compare souvent cela au fait de mettre un carburant premium dans une Ferrari plutôt que de traiter son corps comme une vieille Opel usée.
Il existe aussi des aliments et ingrédients comme le curcuma, le gingembre ou l’ail qui peuvent soutenir l’organisme.
Je suis assez passionnée par tout ce qui touche à l’optimisation, mais lorsque l’on commence à ressentir concrètement la différence dans son corps, cela devient aussi très motivant.
Quelle est la différence entre une alimentation anti-inflammatoire et un régime cétogène ?
— Le régime cétogène est beaucoup plus spécifique. Si l’on regarde une assiette, une très grande partie de l’apport énergétique doit provenir des graisses, idéalement entre 75 et 80 % ou davantage.
Cela peut être de l’avocat, de l’huile d’olive, des noix du Brésil, des graisses animales, une belle entrecôte ou du poulet avec sa peau.
L’alimentation anti-inflammatoire est plus large. Il ne s’agit pas uniquement des graisses, mais plutôt d’apporter au corps des aliments bruts, des ingrédients de qualité et des nutriments susceptibles de contribuer à réduire l’inflammation et à renforcer la santé.
Comment bien manger sans rendre les choses trop compliquées ni tomber dans une logique de performance ?
- Restez dans les allées extérieures du supermarché. C’est là que l’on trouve la plupart des aliments qui ne comportent pas de longues listes d’ingrédients.
Les supermarchés sont souvent conçus comme des labyrinthes, remplis de produits dont nous n’avons pas réellement besoin. Privilégiez les aliments composés de peu d’ingrédients.
Pensez aliments bruts et simples : des œufs, de la viande, du poisson, de la volaille et des légumes colorés, de préférence issus de l’agriculture biologique. Il n’est pas nécessaire de compliquer les choses.
Bien sûr, on ne vit pas toujours exactement comme on l’enseigne. Il m’arrive tout à fait de manger une pizza ou un croissant. Mais lorsque l’on a l’habitude de manger autrement, le corps ressent la différence.
L’important n’est pas la perfection, mais de donner à son corps de bonnes conditions la plupart du temps.
"La nourriture est le carburant du corps."
Coaching, changement de comportement et habitudes durables
Dans son activité de coach, Frida préfère accompagner ses clients pendant au moins trois mois.
Elle décrit les premières semaines comme exigeantes, mais essentielles. C’est à ce moment-là que le corps et le cerveau commencent à s’adapter, et que le client a particulièrement besoin de soutien, de structure et d’encouragement.
Pour Frida, le coaching ne consiste pas seulement à donner des conseils. Il s’agit aussi de rester proche du client, de l’aider à identifier les obstacles et de renforcer sa confiance dans sa capacité à changer.
À quoi ressemble un programme de coaching avec vous ?
— Je préfère généralement travailler avec mes clients pendant au moins trois mois. Durant les quatre premières semaines, il faut s’attendre à ce que ce soit vraiment difficile.
Une grande partie du travail porte sur l’alimentation, la réduction de l’inflammation et l’aide apportée au corps pour qu’il s’adapte progressivement.
J’interviens principalement sur les questions de nutrition, même si l’entraînement physique fait également partie du programme.
Je suis coach sportive diplômée, mais au début, beaucoup de personnes ont surtout besoin de se concentrer sur la marche et peut-être sur deux séances de renforcement musculaire par semaine.
Le programme comprend généralement un point de suivi hebdomadaire, en présentiel ou à distance, ainsi que des échanges de messages entre les séances. Il y a beaucoup de conseils, de recommandations, de conversations et d’encouragements.
Comment aidez-vous quelqu’un à passer du « je sais ce que je devrais faire » au fait de réellement le faire ?
- Lors de nos échanges, j’insiste beaucoup sur l’importance de commencer à s’intéresser à son corps. Il faut développer de la curiosité. Souvent, la personne doit également être prête à changer et ressentir que la situation actuelle ne lui convient plus.
Nous parlons beaucoup des inquiétudes, des pièges et des situations à risque. Il s’agit avant tout de prévention. Qu’est-ce qui pourrait devenir difficile ? Quelles situations risquent de réactiver d’anciens comportements ? Comment pouvons-nous nous y préparer ?
Une grande partie du travail repose aussi sur le renforcement positif, la confiance en soi et la conviction que le changement est possible.
Lorsque le client commence à ressentir des effets positifs dans son corps et dans son esprit, il devient plus facile de poursuivre. À partir de là, les choses commencent à avancer plus naturellement.
Mais il faut également rester proche. Le chemin peut être ponctué de nombreux échanges, messages et encouragements.
Qu’est-ce qui est le plus important au début d’un changement de comportement, et comment créer de nouvelles habitudes durables ?
- Le plus important est de comprendre que ce sera difficile. Il faut faire des choix conscients concernant l’alimentation, l’activité physique et le mode de vie au quotidien.
D’une certaine manière, nous sommes en lutte contre notre cerveau et nos anciens mécanismes hérités de l’âge de pierre. C’est pourquoi il faut rester pleinement conscient des choix que l’on fait.
L’entourage peut aussi réagir lorsque vous changez certaines habitudes. Il peut donc être utile de préparer à l’avance ce que vous allez répondre, sans en faire toute une histoire.
Vous pouvez simplement expliquer que vous expérimentez pour voir comment vous vous sentez ou que vous cherchez à optimiser votre énergie.
Rendez les bonnes options visibles et faciles d’accès. Faites en sorte de ne pas être constamment confronté à des tentations, mais plutôt à des éléments qui soutiennent la personne que vous souhaitez devenir.
Et surtout, commencez simplement. C’est souvent ainsi que le changement s’installe réellement dans la durée.
Pour en savoir plus sur le coaching, rendez-vous sur le site internet de Frida.
Stress, équilibre et performance durable
Lorsque Frida résume ce qui compte le plus pour gérer le stress, elle revient toujours au corps. Le respecter. Être curieuse à son égard. Ressentir de la gratitude pour lui.
C’est seulement alors qu’il devient plus facile d’écouter les signaux qu’il envoie et de faire des choix qui tiennent dans la durée.
Quels sont vos meilleurs conseils pour gérer le stress et trouver un bon équilibre dans la vie ?
- Avant tout, il s’agit de commencer par respecter son propre corps et d’être curieux à son égard. De ressentir de la gratitude pour lui. Lorsque l’on adopte cette attitude, il devient plus facile d’écouter les signaux qu’il nous envoie.
Le corps est souvent très clair, mais nous ne percevons pas toujours ses messages tant que nous n’avons pas appris à les écouter. C’est pourquoi l’équilibre consiste en grande partie à oser dire non, à prioriser ce qui a réellement de la valeur et à se demander ce qui est vraiment important dans la vie.
Pour moi, une santé durable ne se résume pas à la performance. Il s’agit de comprendre son corps, de renforcer son esprit et de créer des habitudes qui résistent au temps, même lorsque la vie devient stressante.
“Respectez votre corps. Soyez curieux à son égard et reconnaissant envers lui."
- Frida
Pour conclure
Le parcours de Frida Gylner montre à quel point le corps et l’esprit sont intimement liés. Après son diagnostic, elle a dû reconstruire son corps, mais aussi se forger une nouvelle identité, un nouvel état d’esprit et une nouvelle vision de la vie.
Aujourd’hui, elle met son expérience au service des autres pour les aider à mieux comprendre leur corps, à créer des habitudes durables et à redécouvrir le pouvoir de l’entraînement, de la nutrition et de la récupération.
Non pas pour performer davantage à tout prix, mais pour construire une santé solide et durable, capable de résister à l’épreuve du temps.